Du pain partagé à l'art de vivre en commun, à mi-chemin entre histoire et cuisine, généalogie et gourmandise, nous vous invitons à un voyage dans lequel chacun trouvera sa place, dans une rencontre avec le pain, avec les autres et avec lui-même.

Hivernage

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Cet atelier a pour but de préparer l'hivernage de notre four (pour voir le mur d'images, cliquez ici).
Va-t-il sécher correctement avec ce temps humide et ne va-t-il pas geler malgré le "rempart" de paille dressé par Pierre contre les intempéries, le froid, l'humidité et même la crise financière ?

Lors de la réunion du 12 novembre, nous avons décidé de rentrer notre four au chaud dans la salle d'exposition de la Maison de l'Environnement. Là, il peut sécher en toute quiétude à l'abri des frimas de l'hiver rude qui nous attend ! Il suffit de le porter jusqu'à son lieu d'hivernage. Les gros bras sont donc réquisitionnés pour la bonne cause ce samedi 22 novembre.

Avant ce transport délicat, Florent et Alain arrivent en avance pour dégager la porte du four et préparer le retrait du sable qui a servi de moule au foyer. C'est toujours ça de moins à transporter pour nos bras pas si gros que cela.

A 14h00 tout le monde est là. Tout le monde ? Oui, tout le monde et même plus puisque Ludovic, dans sa grande sagesse, a convié une experte de la terre : Danièle qui est une animatrice de l'atelier poterie de la MLC et une artiste reconnue pour ses sculptures... Bref ! Une véritable Divinité à nos yeux !

Anxieux, nous sommes pendus aux lèvres de cette grande spécialiste.... Hélas ! Danièle a compris qu'elle parle à des passionnés, des vrais, et c'est donc avec beaucoup de précautions et le plus grand tact qu'elle nous explique qu'il n'est pas judicieux de mettre notre four au chaud. Il faut que la terre sèche uniformément et à cœur, donc lentement. Pire ! Il est raisonnable de compter... six mois... oui six "bons" mois de séchage... Douche froide et regards croisés dans les rangs des apprentis boulangers avides de cuissons odorantes !!!

Mais le gel ? Pas de problème, nous mettrons le four dans le local technique qui est fermé et non chauffé.
En attendant, chacun à tour de rôle se munit d'une cuillère à soupe ou de ses mains pour vider le sable. Opération hautement symbolique puisque nous découvrons petit à petit ce foyer qui donnera naissance à une famille très nombreuse de petits pains dorés à souhait... Encore faut-il venir à bout du tube de cuivre qui traverse la palette, la base du four et une grande partie du moule en sable, ce tube qui servait de guide aux différents gabarits de forme des couches extérieures. Il a été laissé là, et même oublié, par les équipes de l'été. Il faut donc se résoudre à le scier en morceaux pour le dégager petit à petit. Leçon à retenir pour le prochain four.
*Toujours est-il que Alain récupéra, penaud, son beau tube de cuivre en "rondelles" de cinq centimètres de long...

Allez, au travail pour le déménagement du four. Éric a amené des cordes et deux barres bien solides pour soulever la palette. Quatre costauds empoignent les barres. A la une, à la deux, à la... deux autres costauds se joignent aux premiers souleveurs essoufflés. A la une, à la... euh... et si on essayait avec le palan ?

En effet, notre bébé, bien nourri, dépasse de loin le poids estimé par les "techniciens" plus ou moins chevronnés de l'équipe. C'est donc avec l'aide du palan et 8 paires de bras que nous hissons le four sur le solide chariot "piloté" par Bernard.

Pour la dépose dans le local, nous n'utiliserons que le palan. Par sécurité bien sûr, mais aussi, et surtout, pour ne pas reconnaître que la première levée a entamé nos forces... et notre moral ! Le palan est accroché à la poutre centrale du local, les cordes reliées aux quatre coins de la palette. Nous manœuvrons la chaîne et les cordes se tendent et s'allongent sous le poids. La palette craque, nos regards tombent pour surveiller le bois qui supporte la charge du four... La poutre craque, nos têtes basculent en l'air... Les cordes se tendent toujours mais la palette ne bouge pas. Nous ne savons plus où regarder. Enfin, dans un dernier craquement, la charge se libère du chariot.

Applaudissements soulagés et repose délicate de notre four sur des cales disposées au sol.

Sagement, et bizarrement, nous décidons à l'unanimité de construire le prochain four directement sur sa remorque... Il y a des évidences, comme celle-ci, qui vous sautent aux yeux sans même prévenir !

Éric récupére rapidement ses belles cordes avant qu'Alain ne les lui coupe en "rondelles" de 5 cm... Si-si, c'est mieux pour le transport !

Un dernier travail pour façonner l'entrée du four et faire un appui pour la porte qui gardera la chaleur qui cuira les futurs pains... dans six mois !...

Durant ces travaux, des visiteurs de la Maison de l'Environnement s'arrêtent sur ce groupe très actif et quelque peu bruyant. Même les oies voisines en restent bec bée... Alors, c'est toujours avec le même plaisir que nous expliquons notre projet. Nous invitons des enfants intrigués à s'approcher de ce four si inhabituel, donc si mystérieux. Notre vrai bonheur, notre vraie récompense, serait pourtant de voir un jour ces mêmes enfants, avec leur classe et leur maîtresse, utiliser "notre" four pour une leçon que nous souhaitons inoubliable...
Alors oui, chacun de nous est prêt à soulever des tonnes de terre pour ces jeunes regards émerveillés !

Nous remercions Danièle pour son analyse et ses conseils. Elle a fait une moue admirative devant notre "œuvre" et a dit : "Il est beau !"...
Allez, rien que pour cela, on aurait tout accepté... tiens, même deux ans de séchage !

Alain.