Du pain partagé à l'art de vivre en commun, à mi-chemin entre histoire et cuisine, généalogie et gourmandise, nous vous invitons à un voyage dans lequel chacun trouvera sa place, dans une rencontre avec le pain, avec les autres et avec lui-même.

Solidari'Terre à Vert-Saint-Denis

.
.
3 heures du mat : la nuit se dissipe pour les boulangers qui arrivent à la ME ce samedi 16 mai. Le soleil est déjà présent, annonciateur d’une folle journée.

« Ah qu’on va mettre le feu » hurle Serge-allume-feu, encore allumé de son dernier concert à Bercy et en pleine jaunisse alidée (grave maladie du rock). Joignant le geste à la parole, l’allumette au papier et le petit bois à la bûchette, Serge-allume-feu dit « que le feu soit » et le feu fut tout feu tout flamme, puis feu follet avant de faire long feu lorsque son créateur préféra rejoindre sa mie (de pain) en fin de matinée.

Thierry-Antonin-Carême développa aussitôt l’idée qu’il n’y avait pas de feu sans fumée et que si il y avait de la fumée c’est qu’il y avait du feu, de la bûchette et du petit bois, du papier et de l’allumette et que, parole, il y avait le geste... oui le geste !

Le geste, mais bon sang c’est bien sûr ! Quel raisonnement. Véronique-à-vélo-couché pédala trois tours et demi de grand plateau et deux plus petits lorsqu’elle fut lancée. David Copperfield l’avait fait : il n’y avait donc pas de raison qu’elle ne parvienne pas à cette remarquable multiplication des pains. Parvenue au laboratoire, Véronique-à-vélo-couché expérimenta un mélange levain-eau-farine-sel puis l’agita comme son fanion derrière son vélo.

Passant par là, Philippe-sanglier-d'Arbonne vit un signe dans le linge qui se débattait derrière la fenêtre. En bon sanglier qui se respecte, - les sangliers d'Arbonne sont de puissants vététistes qui besognent dans la région d’Arbonne -, son sang ne fit qu’un tour et, lui, celui de la ME pour sauver l’ursuline aux mains blanchâtres.

Sandrine-et-plutôt-avec-elle-que-sans, fit quelques délicats et brillants pétrissages desquels naquirent quelques somptueuses miches : « flûtes, les boules, quels pains les mecs ! ». Entendant ces exclamations, pagurus bernhardus aussi connu sous le nom de Bernard-l’hermite, sorti de son atelier d’hibernation, comprenant qu’il se passait vraiment quelque chose d'insolite chez les panofous, sorte de panophiles fous.

Devant cette apparition troublante du bernhardus, Pierrot-le-grand sur la photo, alias Pierre-à-feu, éco-jardinier et protecteur raisonné de l’environnement crépita d'une étincelle provoquée par deux exceptionnels cheveux-électrodes qui attestent d’une jeunesse passée au service de la science verte. « Et si l’on cuisait nos miches bip-bip ? ». Joignant le geste à la parole, la miche à la pelle et la pelle au four, Pierre-à-feu pensa que si le feu avait été beau, les pains le seraient aussi et lui assureraient vraisemblablement quelques petits déjeuners remarquables ces prochains matins.

Gérard-ment-vu-ça et les abeilles réunies en congrès autour de William-miam-miam le certifient. La norme ISO 9001 relative aux systèmes de gestion de la folie furieuse peut être accordée au FàP : « sont vraiment frapadingues de pains ceux-là ! » .

Et le lendemain, dimanche 17, toute l’équipe du FàP remercia chaleureusement les visiteurs de Solidari’terre qui firent honneur au four à pain.

Merci aux nombreux participants aux ateliers, petits et grands. Merci de vos questions, vos regards, vos sourires, vos « oh » ou vos « ah »… Merci de vos encouragements. Sachez que ce four ne nous appartient pas, nous avons juste le plaisir de le construire, de le faire connaître et, bien sûr, de vous rencontrer. Nous attendons avec impatience votre prochaine visite.

Un an après le rejet du permis de construire et une semaine après la première cuisson, nous présentions en public notre premier four à pain en terre du type « Moussu ».

Et ce fut une réussite totale consacrée par un article élogieux dans la Rép de Seine et Marne qui titre : « Le four à pain à l’honneur ». Encore une fois, chacun a trouvé ses marques et son rôle sans avoir recours à une quelconque mise au point entre-nous. Tout fut parfait, entre la préparation, l’animation, la prestation exceptionnelle du « prof’ ». Même la chauffe du four a été un sans faute après un demi-échec la veille par manque de main-d’œuvre au charbon.

L’atelier adulte a été le vrai test du four. Nous n’avions pas le droit à l’erreur. Après 5 heures de chauffe pour cause de retard, nous avons épaté notre public avec des pains dorés à souhait. A dire vrai, nous nous sommes épatés nous-même !!! La fournée des enfants a même été suivie d’une autre cuisson ! Thierry a été particulièrement sollicité par ses élèves du jour, mais aussi par l’animateur et les médias pour des interviews ou des photos. Malgré le temps humide, les visiteurs ont été nombreux à venir voir les flambées de Serge, d'Alain et de Florient, et écouter Gérard raconter la genèse de ce four, morceau de terre dans une main, morceau de pain dans l’autre.

Nous avons aussi été approchés pour d’autres manifestations à travers le mon… euh… dans les environs, dont une fête du pain. Sûr que notre Directeur de la communication va exploiter tous ces contacts. En attendant, il nous faudra bien céder à l’incroyable imagination de Sandrine et Véronique qui ont inventé, sûrement pour me punir d’avoir tourné en dérision la transhumance crépusculaire du four à dos de brouette… qui ont inventé… accrochez-vous bien… une « Nuit Du Pain » !!! Pas moins que ça !!! Si chacun a trouvé sa place dans l’équipe, il semble bien qu’il y en ait une toute particulière pour nos deux charmantes rêveuses…

Bon appétit à tous.

Alain et Gér@rd