Voici un atelier qui aura réuni du monde. Pourtant nous n’avions plus rien à faire sur notre four. Alors ? Une chauffe de plus ?
Oui ! Une chauffe de plus, mais pas n’importe laquelle puisqu’elle devait se terminer par la première cuisson… une vraie cuisson avec de vrais pâtons pour faire du vrai pain !!!
Une sorte de premier vol de qualification avant d’affronter notre public la semaine prochaine à solidari’terre.
Petit feu à l’entrée que l’on poussera petit à petit au fond, au fur et à mesure de la chauffe. Une fois au fond, nous éviterons de charger trop devant et grâce à une barre métallique sous les braises, nous pourrons « touiller » et activer la chauffe au fond du four. Système astucieux mais encore insuffisant comme nous le constaterons à la fin de la chauffe.
Entre temps, les boulangers arrivent pour préparer leurs miches à la cuisine de la ME… …Voyons, un peu de sérieux et de décence s’il vous plaît !!!
Sur 3 heures de chauffe, nous avons eu besoin du soufflet pendant 1 H 30, ensuite le feu arrivait à s’alimenter en oxygène tout seul. Excellent tirage et belles flammes qui léchaient la voûte de l’arrière vers l’avant. Bravo Serge ! Éric a pu ranger son Babyliss de compétition.
La dernière demi-heure, nous avons laisser le feu tranquille. La semaine prochaine, nous prévoirons 1 heure pour stabiliser la température dans l’ensemble du four.
Mais il faut bien pardonner notre impatience du jour.
Nous avons préparé notre pique-nique à l’abri car le temps était menaçant. Avec l’arrivée des dames et des enfants, l’ambiance devint plus familiale sans pour autant cacher une certaine excitation.
12 H 45, nettoyage du four pour THE FIRST fournée. Nous trouvâmes encore un peu de charbon de bois au fond… promis, il n’y en aura plus la semaine prochaine. Foi de fumiste !!!
Tout est prêt pour cette première fournée attendue, espérée et
hautement symbolique, le four est en température nickel chrome grâce à Serge et Alain levés de bonne heure pour la bonne cause, il n’y a plus qu’à, sauf que… sauf que le chef cuistot, Thierry lui-même, qui avait tout prévu… tout, même une belle pelle à pain… trop large ! Il a dû retailler dans de l’agglo de récup’, dans les dernières minutes, une pelle aux bonnes dimensions, tout seul dans son coin sous le regard rigolard des « techniciens » de l’équipe. Méchanceté sympathique entre gens qui s’estiment et s’admirent mutuellement. Merci Thierry pour nous avoir démontré que la volonté, plus que la connaissance, est la clé de la réussite.
6 pâtons que 6 d’entre-nous ont eu le privilège d’enfourner.Il y a le méthodique qui met son pâton bien au fond à droite, l’anxieux qui a peur de manquer de place et écrase le sien contre la paroi, l’individualiste qui lâche son morceau au beau milieu de la sole, le calculateur qui pose son pâton bien à la gauche de ceux de droite et au chaud devant les plus longs à cuire de derrière, le néophyte qui prend la pelle à l’envers et tente de bien viser l’ouverture du four en fermant les yeux, le rusé qui enfourne en dernier pour avoir la meilleure place juste derrière la porte en inox… Mais tous, Mesdames et Messieurs, je vous assure que tous ont accompli cet acte avec le plus grand sérieux et la plus grande émotion sans même se soucier des flashs des photographes.
Comme pour tenter de plomber une ambiance au beau fixe, la pluie de plus en plus drue s’est invité au pique-nique. C’est donc sous une bâche que la cuisson se poursuivit pendant que nous trinquâmes à la réussite de cette première fournée.
Occasion d’exprimer une pensée toute particulière pour Véronique et Sandrine qui ont donné beaucoup pour ce projet, par leur action, mais aussi par leur gentillesse et, comme le dirait Ludo, par leur charme. Sachez que vous nous avez beaucoup manqué.
Silence à peine troublé par la pluie sur la bâche. Émotion et recueillement devant ces 2 pains présentés par Gérard et Thierry, les initiateurs de l’aventure. Mais bon sang, quelle odeur de pain chaud, mais aussi de fumé !!! Je crois que nous avons oublié d’applaudir…
Jamais pain ne fût aussi mal levé, aussi mal cuit, aussi plein de charbon de bois, mais jamais pain ne fût aussi bon … Les quatre premiers furent dévorés dans une telle joyeuseté que la pluie, impuissante, en cessa de tomber !!! C’est donc sous un ciel de plomb, boudeur et jaloux, que nous avons préparé, le cœur léger et le verbe haut, en hommage à la cave de Serge, le chargement de notre four sur la remorque. Effectivement, au risque de blesser les âmes aventureuses de Sandrine , Véronique et Pierre, Gérard, dans un éclair de sagesse et de lucidité, a proposé d’utiliser, bêtement, la splendide remorque qui n’attendait que cela pour se rendre, enfin, utile…
Exit l’aventure sportive par monts et par vaux des apôtres du bon pain venus apporter la bonne parole, et surtout le four, à la force du poignet et du jarret sous la barde des forces de l'ordre !
Nous utiliserons donc les moyens modernes, et si peu polluants, pour la transhumance de notre four à roulettes !!!
Pierre, quelque peu anxieux, vint aux nouvelles vers 15 H 30. Le four était chargé et rangé sur sa remorque. Tout le monde était fatigué mais joyeux. Occasion unique pour lui offrir l’un des deux derniers pains de notre fournée en remerciement de son accueil, de sa disponibilité et de sa gentillesse. Sans toi Pierre, nous n’aurions jamais vécu ces moments de bonheur.
Tout simplement, tout modestement, merci !
Le dernier pain ? J’avoue, je l’ai réquisitionné pour l’offrir à la troisième Dame absente qui a toujours occupé mes pensées et mon cœur, Patricia.
Dimanche prochain est The grand jour. Nous apporterons le four à la ferme des arts. Mais de façon plus sérieuse, avec sa remorque. Ce sera samedi soir avec Pierre, Gérard et moi, Pierre nous donnera l’heure.
Avant, le samedi après-midi, les forces vives de l’équipe auront cuisiné des pains à la ME pour les faire connaître au public. Thierry, the chief management of new bred of Cesson in France, pilote l’opération et nous dira à quelle heure nous devrons venir.
Serge et moi-même, en tant que fumistes reconnus et fiers de l’être, viendrons dimanche matin pour allumer le feu… Serge, je te contacte pour l’heure du RdV, à l’aube comme on aime !!!
A la semaine prochaine pour un nouveau compte-rendu.
Merci les amis pour ce bon pain qui a le goût de la vie, du bonheur simple et de l’amitié sincère.
Alain.